Hier dans le métro, petit moment de panique.
Tu me dis "je suis désolé, non, je ne voudrais pas que tu crois que je ne pense qu'à ça."
C'est la tempête dans ma tête, d'un seul coup d'un seul. Nous avions commencé à nous définir dans notre relation, et tu avais sorti ce mot, que je trouvais si drôle car je ne le connaissais que dans le contexte des comédies américaines : "sexfriend". Sexe, oui, d'accord. Mais plus que cela, parce que nous sommes amis, car nous passons de bons moments, nous allons nous balader, nous échangeons. Alors il faudrait ne pas mélanger ces deux dimensions. D'un côté les moments tactiles, de l'autre les moments légers, ceux que l'on partage avec des amis, des copains, des potes...
Mais alors, ça ne va du tout, parce que je te prends le bras, parce que nous sommes proches physiquement, parce que parfois des baisers se perdent... Mélange des deux dimensions. Nous ressemblons à un couple. J'ai l'impression de contribuer à cette confusion, à te dérouter et à te faire du mal. Tu me dis que pendant trois semaines, tu vas te "reposer de ces conneries". Ça me rend triste... Oui, quelque part, ce sont des conneries, des bêtises que je provoque, et égoïstement, je profite de toi, en oubliant facilement que de ton côté, c'est peut être différent, que ça te blesse.
J'aurais aimé te dire que pendant ces trois semaines, il faudrait que tu sortes, que tu profites d'avoir un appartement à toi, que tu t'"amuses" avec d'autres filles, que tu redonnes à notre relation une légèreté qu'elle perd parfois. Je n'aurais aucun mal à te partager, si je sais qu'elle te rend heureux, même si ce n'est pas une petite amie, même si ce n'est qu'une amie de passage, car elle te permet de relativiser.
Mais je n'ose pas, car tu sembles détester que je te dise ça. Je suis désolée avant même d'avoir dit un mot, alors je me tais, et je contemple tes sourcils froncés, ton air concentré quand tu marches, c'est mignon. Tu rentres les épaules, comme si tu devais foncer dans le tas. Ludovic lève le menton quand il marche, ça me fait rire, et il prend parfois cet air contrit de réflexion intense, que j'adore. Vous êtes si différents tous les deux, et pourtant...
Hier soir, au coucher, je me suis blottis contre lui. Il me hume. Vous n'avez pas la même façon de me sentir. Et puis je lui pose une question. Il se fige, il attend. Il me pose à son tour des questions, je réponds. Je le rassure, j'ouvre mon coeur. Et je lui repose la question. Je veux être certaine de toutes ses réactions, de tous ses sentiments. J'essaie de me mettre à sa place. Et il finit par me répondre "D'accord."
Même s'il ajoute qu'il ne sait pas quels sont ses sentiments, et qu'il est jaloux. Qu'il a peur. Mais je le rassure encore. Encore, encore, et encore. Je lui parle de la forme de ses mains, je lui parle du son de ses soupirs, je lui parle de son parfum, que je connais par coeur. Je lui parle de ces moments où je tombe, tout au fond, tout au fond, et qu'il plonge lui aussi pour me ramener de là-bas. Et que sans lui, je ne serais rien.
Et finalement, il me dit : "D'accord, je comprend, et j'accepte, et je t'aime, et tu m'aimes, mais je suis un être humain, et je ne contrôle pas toujours mes sentiments, aussi infondés soit-ils. Je ferai de mon mieux."
Je suis un peu soulagée. Et je dors profondément, en rêvant de la mer.
La question, c'était : "Est-ce que tu veux bien me prêter à Mathieu ?"...
Tu me dis "je suis désolé, non, je ne voudrais pas que tu crois que je ne pense qu'à ça."
C'est la tempête dans ma tête, d'un seul coup d'un seul. Nous avions commencé à nous définir dans notre relation, et tu avais sorti ce mot, que je trouvais si drôle car je ne le connaissais que dans le contexte des comédies américaines : "sexfriend". Sexe, oui, d'accord. Mais plus que cela, parce que nous sommes amis, car nous passons de bons moments, nous allons nous balader, nous échangeons. Alors il faudrait ne pas mélanger ces deux dimensions. D'un côté les moments tactiles, de l'autre les moments légers, ceux que l'on partage avec des amis, des copains, des potes...
Mais alors, ça ne va du tout, parce que je te prends le bras, parce que nous sommes proches physiquement, parce que parfois des baisers se perdent... Mélange des deux dimensions. Nous ressemblons à un couple. J'ai l'impression de contribuer à cette confusion, à te dérouter et à te faire du mal. Tu me dis que pendant trois semaines, tu vas te "reposer de ces conneries". Ça me rend triste... Oui, quelque part, ce sont des conneries, des bêtises que je provoque, et égoïstement, je profite de toi, en oubliant facilement que de ton côté, c'est peut être différent, que ça te blesse.
J'aurais aimé te dire que pendant ces trois semaines, il faudrait que tu sortes, que tu profites d'avoir un appartement à toi, que tu t'"amuses" avec d'autres filles, que tu redonnes à notre relation une légèreté qu'elle perd parfois. Je n'aurais aucun mal à te partager, si je sais qu'elle te rend heureux, même si ce n'est pas une petite amie, même si ce n'est qu'une amie de passage, car elle te permet de relativiser.
Mais je n'ose pas, car tu sembles détester que je te dise ça. Je suis désolée avant même d'avoir dit un mot, alors je me tais, et je contemple tes sourcils froncés, ton air concentré quand tu marches, c'est mignon. Tu rentres les épaules, comme si tu devais foncer dans le tas. Ludovic lève le menton quand il marche, ça me fait rire, et il prend parfois cet air contrit de réflexion intense, que j'adore. Vous êtes si différents tous les deux, et pourtant...
Hier soir, au coucher, je me suis blottis contre lui. Il me hume. Vous n'avez pas la même façon de me sentir. Et puis je lui pose une question. Il se fige, il attend. Il me pose à son tour des questions, je réponds. Je le rassure, j'ouvre mon coeur. Et je lui repose la question. Je veux être certaine de toutes ses réactions, de tous ses sentiments. J'essaie de me mettre à sa place. Et il finit par me répondre "D'accord."
Même s'il ajoute qu'il ne sait pas quels sont ses sentiments, et qu'il est jaloux. Qu'il a peur. Mais je le rassure encore. Encore, encore, et encore. Je lui parle de la forme de ses mains, je lui parle du son de ses soupirs, je lui parle de son parfum, que je connais par coeur. Je lui parle de ces moments où je tombe, tout au fond, tout au fond, et qu'il plonge lui aussi pour me ramener de là-bas. Et que sans lui, je ne serais rien.
Et finalement, il me dit : "D'accord, je comprend, et j'accepte, et je t'aime, et tu m'aimes, mais je suis un être humain, et je ne contrôle pas toujours mes sentiments, aussi infondés soit-ils. Je ferai de mon mieux."
Je suis un peu soulagée. Et je dors profondément, en rêvant de la mer.
La question, c'était : "Est-ce que tu veux bien me prêter à Mathieu ?"...
Mauricette Voisin
Mon coeur bat la chamade.
Je reste depuis un quart d'heure devant ce texte, je le lis, je le relis.
Je ne sais quoi penser, je ne sais quoi dire.
Un songe ce matin, en descendant cette froide rue Pelleport, un ménage à trois, ça serait dingue ?! Cette idée qui traverse mon esprit, me fait rire, seul, dans la rue.
Prendre soin de toi à deux ?
Je lis ce texte, je le relis, je ne sais quoi en penser, ni quoi dire.
Les questions les moins importantes me viennent d’abord à l’esprit, mais quand as tu pu prendre le temps de la rédaction de ce texte ?
Dans mon lit hier soir, je songeai à notre journée d’hier, nos jeux après l’Amour, notre complicité qui commençait à transpirer sans que l’on s’en rende compte.
Je lis ce texte, je le relis, je ne sais quoi penser, ni quoi dire.
Ressembler à un couple fait peur ? J’aime notre journée d’hier, j’ai aimé ces moments de complicité.
Pardon, pardon, pardon d’avoir pu laisser entendre que c’est des conneries.
J’ai juste l’impression d’être shooté à la cocaïne ces dernières semaines, je ne dors pas ou peu, j’ai l’esprit aiguisé comme une lame de rasoir, je suis insatiable de ton corps, une gourmandise irrépressible, te sentir, ta chaleur, ton parfum.
Ce n’est pas une connerie.
Je ne t’attends pas, je n’attends rien. Pourquoi te sentir coupable ? Ces gestes que tu me donnes, ces baisers, ces attentions ne font que construire en moi, pas détruire.
Je commence à reprendre confiance en moi.
Je ne me fais pas d’idées, tu as été très clair avec moi, je dois construire ma vie sans toi, je dois trouver ma Mauricette, pourquoi cette question revient elle en permanence ?
Être heureux avec toi en mimant le couple est ce un crime si j’ai compris que ça n’est que mimer ? Suis je égoïste, car peut être que c’est à toi à qui je risque de faire mal ?
Je lis ce texte, je le relis, je ne sais quoi penser, ni quoi dire.
As tu dis à Ludovic que nous étions amants ?
Lui as tu demandé si nous pouvions le faire ?
Où parlons nous de prendre soin de toi à deux ?
Je ne comprends pas ce que signifie ce que tu lui as demandé, ni même la porté de ces mots…Qu’allons nous faire maintenant ?
Ne ris pas, l'idée d'une vie à trois m'a effleurée. Mais ce n'est qu'une improbable rêvasserie, sans avenir. Vicky Cristina Barcelona. Un équilibre précaire et exceptionnel.
Le fantasme de toute une humanité qui s'est enfermée dans la monogamie depuis la nuit des temps.
Si cette fameuse question revient en permanence, c'est parce que je sens en toi une personne entière, un peu comme Ludovic, incapable d'aimer à moitié, incapable d'aimer un jour et de mettre ça de côté le lendemain, et dont chaque acte porte une conséquence. Mais je me trompe sans doute. Je n'y reviendrai plus.
Tu n'es pas égoïste, c'est moi qui le suis. J'ai agis sans te consulter, sans en parler à personne. J'ai fait naître cela en moi, toute seule dans mon coin.
La nuit de vendredi, tu étais à deux pièces de moi, et moi dans les bras de Ludovic. J'avais une furieuse envie de réaliser cette envie, celle de m'endormir en cuillère entre vous deux. De créer un cocon. Alors j'ai quasiment "éjecté" cette question brulante de mes lèvres. Et j'en ai assumé les conséquences. C'était dangereux, et tu as tout à fait raison quand tu dis que j'ai tout risqué. Mais dans ma tête, c'était tellement clair !
Paradoxalement, j'ai besoin de beau, j'ai besoin de quelque chose de sain dans mes relations, et particulièrement avec celui que j'aime plus que tout au monde.
Lui dire une semi-vérité peut paraître hypocrite, mais peut être que j'essaie de construire quelque chose avec ce que l'on est en train de faire. J'ai envie de pouvoir lever le menton et me dire à moi-même que je suis en phase avec mes actions.
C'est peut être utopique ? De me dire que demain, je pourrais t'embrasser tout en aimant Ludovic, et que lui l'accepte. Je crains sa jalousie, mais c'est à moi de l'assumer, de me battre pour lui faire comprendre. Cela comporte un gros risque, mais c'est important pour moi je crois.
Non ?
Je reste depuis un quart d'heure devant ce texte, je le lis, je le relis.
Je ne sais quoi penser, je ne sais quoi dire.
Un songe ce matin, en descendant cette froide rue Pelleport, un ménage à trois, ça serait dingue ?! Cette idée qui traverse mon esprit, me fait rire, seul, dans la rue.
Prendre soin de toi à deux ?
Je lis ce texte, je le relis, je ne sais quoi en penser, ni quoi dire.
Les questions les moins importantes me viennent d’abord à l’esprit, mais quand as tu pu prendre le temps de la rédaction de ce texte ?
Dans mon lit hier soir, je songeai à notre journée d’hier, nos jeux après l’Amour, notre complicité qui commençait à transpirer sans que l’on s’en rende compte.
Je lis ce texte, je le relis, je ne sais quoi penser, ni quoi dire.
Ressembler à un couple fait peur ? J’aime notre journée d’hier, j’ai aimé ces moments de complicité.
Pardon, pardon, pardon d’avoir pu laisser entendre que c’est des conneries.
J’ai juste l’impression d’être shooté à la cocaïne ces dernières semaines, je ne dors pas ou peu, j’ai l’esprit aiguisé comme une lame de rasoir, je suis insatiable de ton corps, une gourmandise irrépressible, te sentir, ta chaleur, ton parfum.
Ce n’est pas une connerie.
Je ne t’attends pas, je n’attends rien. Pourquoi te sentir coupable ? Ces gestes que tu me donnes, ces baisers, ces attentions ne font que construire en moi, pas détruire.
Je commence à reprendre confiance en moi.
Je ne me fais pas d’idées, tu as été très clair avec moi, je dois construire ma vie sans toi, je dois trouver ma Mauricette, pourquoi cette question revient elle en permanence ?
Être heureux avec toi en mimant le couple est ce un crime si j’ai compris que ça n’est que mimer ? Suis je égoïste, car peut être que c’est à toi à qui je risque de faire mal ?
Je lis ce texte, je le relis, je ne sais quoi penser, ni quoi dire.
As tu dis à Ludovic que nous étions amants ?
Lui as tu demandé si nous pouvions le faire ?
Où parlons nous de prendre soin de toi à deux ?
Je ne comprends pas ce que signifie ce que tu lui as demandé, ni même la porté de ces mots…Qu’allons nous faire maintenant ?
Mathieu Genevois
Ne ris pas, l'idée d'une vie à trois m'a effleurée. Mais ce n'est qu'une improbable rêvasserie, sans avenir. Vicky Cristina Barcelona. Un équilibre précaire et exceptionnel.
Le fantasme de toute une humanité qui s'est enfermée dans la monogamie depuis la nuit des temps.
Si cette fameuse question revient en permanence, c'est parce que je sens en toi une personne entière, un peu comme Ludovic, incapable d'aimer à moitié, incapable d'aimer un jour et de mettre ça de côté le lendemain, et dont chaque acte porte une conséquence. Mais je me trompe sans doute. Je n'y reviendrai plus.
Tu n'es pas égoïste, c'est moi qui le suis. J'ai agis sans te consulter, sans en parler à personne. J'ai fait naître cela en moi, toute seule dans mon coin.
La nuit de vendredi, tu étais à deux pièces de moi, et moi dans les bras de Ludovic. J'avais une furieuse envie de réaliser cette envie, celle de m'endormir en cuillère entre vous deux. De créer un cocon. Alors j'ai quasiment "éjecté" cette question brulante de mes lèvres. Et j'en ai assumé les conséquences. C'était dangereux, et tu as tout à fait raison quand tu dis que j'ai tout risqué. Mais dans ma tête, c'était tellement clair !
Paradoxalement, j'ai besoin de beau, j'ai besoin de quelque chose de sain dans mes relations, et particulièrement avec celui que j'aime plus que tout au monde.
Lui dire une semi-vérité peut paraître hypocrite, mais peut être que j'essaie de construire quelque chose avec ce que l'on est en train de faire. J'ai envie de pouvoir lever le menton et me dire à moi-même que je suis en phase avec mes actions.
C'est peut être utopique ? De me dire que demain, je pourrais t'embrasser tout en aimant Ludovic, et que lui l'accepte. Je crains sa jalousie, mais c'est à moi de l'assumer, de me battre pour lui faire comprendre. Cela comporte un gros risque, mais c'est important pour moi je crois.
Non ?
M.V
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