Samedi farniente,River Bar, Célibataire,Facebook

Samedi 23H39

Je ne sais pas si je vais tenir, ni même si tu vas m'imiter, mais ça fait du bien de se vider la tête dans ce blog.
Journée très plate aujourd'hui, je n'ai pas vu les deux dernières saisons de Dexter, je m'y suis donc attelé ce matin et une bonne partie de l'après midi.
Je n'ai pas faim, je mange parce que la douleur se fait trop forte, sans appétit.
Mon frère et sa copine débarquent à l'appart, ils ont commencé a se déguiser, ce soir soirée thématique cow-boys et indiens au River Bar.
J'avoue, je n'ai pas vraiment le coeur a ça, je ne souhaite pas me faire maquiller ni déguiser.
Tu me parles sur Imessage, tu n'as pas l'air reposé, définitivement, je suis inquiet. Je suis néanmoins content que tu prennes de mes nouvelles, tu as l'air satisfaite d'avoir récupéré les photos de ton tatouage si vite.
Mon ex vient aussi me parler, l'échange est bref, elle a l'air fatigué, je ne souhaite pas la retenir, elle va se coucher tôt.
Je décide quand même de les accompagner, ça va me changer les idées, qui sait ? Peut être y aura t-il une indienne pour moi ?
Je déteste être célibataire, beaucoup de demoiselles, mais impossible de m'imaginer en aborder une, ça parait hors de propos.
Je ne tarde plus à me demander ce que je fou là, il fait chaud, il est impossible de communiquer sans hurler...je pense que je ne suis pas de ce monde.
Je décide de partir, avec un peu de chance, le Métro sera encore ouvert.
Facebook, deux personnes ont encore commenté ma photo, un ancien collègue de bureau, et Ludovic, son commentaire semble empreint d'un certain mystère : " Un secret se cache sous cette veste..."   
Je dois être fatigué, je ne comprend pas, peut être pourras tu m'éclairer ?
Mes yeux ne tiennent plus, je publie, je me couche.


PS : Est ce que je me trompe si je dis qu'un faisceau d'individu qui a l'habitude de toi, s'aperçoit que quelque chose est différent chez toi ? Serais ce présomptueux de penser que notre relation te fait du bien, et qu'elle t'influence positivement ?

PS 1 : Cette discussion que nous avons eu au magasin de tatouage m'a fait du bien. Je voudrai que tu saches que je n'attend rien, je n'attend pas. Tu gardes le contrôle, et si tu souhaites que nous arrêtions de nous voir, je me plierai à ta volonté.


M.G 










Pizza,Tatouage,Saumon,Saint Sylvestre, WII ,asthme, Accrochage voiture

Vendredi  4 Octobre

Tu es venu me chercher à l'appartement après ton entretien décevant avec l'armée, pas de recrutement, seulement une réunion d'information. Il te faudra retenter ta chance en début d'année prochaine.
Pharmacie, tu es prévoyante, des médocs pour calmer ta toux, mais surtout la crème indispensable pour l'après tatouage. Je te regarde avec envie, même sans te toucher, je devine aux regards des gens qu'ils pensent que nous sommes en couple.
Déjeuner, nous allons dans la foulée faire des courses, Pizzas ? Oui, mais...avec une soupe alors, parce que sans doute, nos estomacs encore creux de la veille amenuisent notre jugement.
J'ai hâte d'être rentré, j'me fou de manger, je n'ai rien qui me donne plus envie que toi, je marche derrière toi, parce tu marches vite, parce derrière toi, je peux te regarder, et suivre ton effluve.

Pizza, bon choix, avec un filet d'huile d'olive, nous nous régalons. Finalement, nous n'ouvrons même pas la soupe.Mon frère revenant du sport mange avec nous.
Après un très court instant de repos, il est temps de partir pour ton Tatouage, nous partons en avance, je n'aime pas quand nous sommes dehors...dehors, je suis un satellite, j’ai à peine le droit de te frôler.

Tatouage, je ne suis pas un fervent adepte du tatouage, c'est transgressif, c’est la seule chose qui m'attire.
Je trouve ton choix très joli. Chaque minute passé à te coté me donne conscience du trésor et de la chance que Ludovic a .Ce temps passé à te regarder me permet de réfléchir, tu as raison.
Il ne tient qu'a moi d'aller me chercher ma Mauricette.
Nous sommes rentré directement a ton appartement, je te sens très fatigué, je suis si attentif à ton bien être, il faut que j'essai de penser à autre chose, ce n'est pas mon rôle, je ne suis pas ton copain.

Ludovic rentre, faux plan pour des plats italiens, tant pis, nous descendons faire des courses pour la soirée.
Saumon, je me lance dans la confection de petits fours, ça me rappel ma mère, je l'aidai étant jeune, nous accueillions souvent la famille à l'époque, donc souvent embauché aux cuisines.

Je suis inquiet pour toi, tu es vraiment fatigué, tu dors sur le canapé, j'ai envie de te prendre dans mes bras, te rassurer, m'allonger à tes cotés. Tu as une petite voix, je prends tes pieds, je les réchauffe.
Simon et Élise sont sympas, il me faudra encore un peu de temps pour me faire une idée.
Ils ont l'air de m'apprécier, même elle. Habituellement, je fais peur aux demoiselles, surtout de son style.
Je l'a soupçonne de détecter un truc, avec son méga scanner de femme. Elle n'a pas de théorie, mais elle ressent un truc.
Les grandes lignes sont tracées pour le jour de l'An. Un petit appui sur ton pied, tu as compris ? J’ai l'impression...ça serait quand même plus cool qu'on arrive à être seul, au moins le début du séjour, sous prétexte de l'installation du lieu.
ILS veulent venir en même temps, je ne sais pas quoi dire, ni même quels arguments pertinents utiliser pour parer cette idée, toi non plus semble t-il, sinon, laisser l'idée mourir et disparaitre seule sans l'alimenter. Mode sous marin engagé.
Wii, je te regarde danser, je te dévore des yeux, j'essai de penser à autre chose, parler avec les autres hommes, ça me détournera de tes petites fesses.
Asthme, finalement, voici comment mon corps décide de détourner mon attention. C'est plutôt bien joué.
Tu es inquiète, ça m'ennuie, ça me désole, je me sens bête.
Rentrer prendre de la ventoline, l'idée m'attire. Rester dormir sur le canapé, je ne sais pas quoi en penser, ça me parait triste à mourir comme chose.
Voiture, je suis sur la pas de la porte, attention à ce lustre Mathieu (me dis-je), j'attache mes chaussures, ça me désole encore plus de te laisser, sauf changement d'agenda, nous ne nous reverrons pas avant lundi matin (très tôt ^^).
Je n'aime pas te dire au revoir, j'essai  (très) gauchement de raccourcir le processus.

Ludovic, garage, départ en voiture, GPS téléphone en route, nous tournons à droite.
3 mins plus tard, un feu caché simultanément par un gros camion de déménagement et un arbre mal taillé.......le temps de me dire que moi, je ne serai pas passé au feu rouge, ou du moins que mon réflexe aurait été plus rapide...BOOOM !!!
Le gars descend très énervé de la voiture, je subodore qu'il veut mettre une tête au carré à Simon, je reste prêt à intervenir (je me demande ce que je fou là, j'ai les jambes qui tremblent légèrement, et mon asthme qui a coupé net grâce à l'adrénaline)
Le gars, un black typé Belleville, chope Simon par le col, il a l'air d'essayer de raisonner le gars, je le sens plus sous le choc de l'adrénaline que prêt à frapper, Elise et le copilote du black interviennent.
Je me tiens prêt, mais je reste certain que ça n'est que de la peur mal digérée.
Le calme revenu, constat, transformé en négoce, pas de constat finalement 200 euros échangés, on en parle plus.
Appartement. Il est 3H17 du matin, je vais me coucher.
Une dernière pensée pour toi, ton tatouage, cette journée...Dommage que je n'ai plus ton foulard.
Je n'aime plus les week-ends.
Je publie



Mathieu Genevois









Jeudi 3 Octobre, Forum de l'emploi + Ecluse

Coucou ma Princesse,


Un merci pour cette journée, c'est toujours agréable de passer du temps avec toi.

Je suis très heureux que le cadre de la place Saint Honoré t'ai plu.Dommage que tu sois "balade", "gnif" (spécial effet nez bouché ^^)

Il est 17H37, je viens plus ou moins de me réveiller d'une sieste très reposante, j'ai fais un rêve/cauchemar...Je te raconte ? C'est space hein ?! et ça n'a aucun sens...

C'était la réalité,j'avais véritablement l'impression d'être éveillé, tu étais allongé derrière moi,tes bras discrètement posés sur moi, Ludovic derrière toi allongé aussi...nous regardions un média tv ? film ? peut être...je me suis endormi (super mise en abime ^^)
Je me suis réveillé parce que tu me serrais vraiment fort, au début, j'ai pensé, tiens, Kevin doit dormir, elle me fait un câlin...puis, je t'entend, souffler, légèrement gémir, un bruit très caractéristique, me pensant  très endormi, Ludovic te pénêtre, il te glisse au creux de l'oreille: "Tu vois que je peux me rattraper"...Je veux faire quelque chose, me retourner, n'importe quoi, je suis pétrifié, je n'arrive plus à respirer, je me sens très faible, mon corps ne me répond plus...je suis presque prêt à abandonner, j'exulte un soupir presque de désespoir,sans doute même ridicule...je me réveille dans notre réalité.

Je suppose que j'ai fais une apnée du sommeil, et donc, que mon corps m'a envoyé un signal avec les idées et trucs qui trainaient dans mon cerveau.Analyse basique je te l'accorde.

Bref, vivement demain !! J'ai très envie de te serrer dans mes  bras...je vais te pouponner si tu es encore malade...je suis un spécialiste des bisous câlins qui guérissent . ;-)


Je t'embrasse tendrement

Mathieu Genevois








Papoter


Bonsoir,

2 octobre  19H27

Un journée bien pleine, j'espère que ça va m'aider à mieux dormir.

Je ne sais pas comment se déroule ta soirée, mais si tu es disponible, on peut parler sur Imessage.

Je pense à toi très fort ma princesse Pastèque...Vivement vendredi ! (vivement demain, même si comme tu l'as si bien dis, ça sera pas la même chose)

Je me pose des questions à propos de ton tatouage...qu'as tu décidé niveau dessin? J'ai cru comprendre que c'était assez douloureux pendant mais aussi après ? Combien de temps cela va durer ?

Autre sujet,

Je trouverai vraiment agréable que tu me donnes ton point de vu actuel sur nous, au moins savoir ce que tu ressens.    En fait, en y réfléchissant,je ne souhaite pas te confronter a cette question.
Moi même, je sais que mon coeur bat plus fort en ta présence, je sais que je ne me lasse pas de te toucher, te caresser, sentir ton parfum, ton odeur.
J'aime lorsque nous sommes ensemble, lorsque nous parlons, je te désire chaque secondes, ne me lasse pas de te dévorer.

J'avoue que j'ai déjà essayé d'imaginer,j'ose presque dire, trouver une solution, trouver une suite...mais rien de ce qui se passe dans cette suite ne me plait...je suis lâche, je ne veux pas savoir,je n'ai envie que d'une chose, faire durer cet équilibre le plus longtemps possible.

Votre chevalier servant


Mathieu Genevois

Une idée qui n'a rien à voir



ELLE : Hier soir, avec des amis, on a commencé à discuter de notre nouvel an. J'ai suggéré l'idée de louer un truc quelque part, une maisonnette de campagne ou quelque chose dans le genre, à plusieurs, pour y passer le Réveillon et le Premier tranquillement, une petite fête à 6-8, surtout pour bien manger et être peinards, loin des trop fêtards parisiens.

Je ne sais pas où ça en sera d'ici là, mais est-ce que ça te plairait de venir, seul ou accompagné ?


                                                                                                                                      M.




LUI : Difficile d'anticiper avec autant d'avance mon avenir à l'heure actuelle au demeurant si incertain.Néanmoins, l'idée me plait beaucoup, je me vois déjà cuisiner de bons petits plats pour le groupe. Je reste circonspect rapport à notre capacité à vivre l'un si proche de l'autre sans laisser apparaitre le moindre mouvements de paupière suspect aux yeux présents, mais je pressens aussi que ça pourrait aussi nous donner le feu au corps et nous faire battre les tempes par l'attrait de l'interdit et la folie de danser sur notre champs de mine.Bien à vous mademoiselle, votre Chevalier






ELLE : Est-ce que que ce serait un peu égoïste de ma part d'avouer que le peu de temps que j'ai passé avec vous deux au même endroit au même moment m'a plu ?... Je n'ai pas de tendances sadiques (non non) et je n'aime pas cette ambiguïté qui pourrait être pour toi un jeu (non plus, ça me rend triste, parce que je l'aime profondément et que je ne veux pas te blesser non plus). Mais tout simplement, j'adore passer du temps avec vous deux, et de vous avoir en même temps, c'est double plaisir. Rien de plus. Si à trois, on pouvait ne se conduire que "normalement", sans arrière-pensées, alors ce serait formidable ! Et c'est bête comme le monde à dire, mais si j'avais le droit, je vous tiendrais tous les deux par la main dans la rue, chacun par une main.

Et on sait jamais ce qui peut arriver, mais peut être que d'ici décembre, tu auras trouvé un moineau avec qui je devrais te partager...

Une autre idée...




LUI :  Après de lonnnnnnngues recherches, j'ai trouvé cet endroit "Boite de nuit libertine" si tu veux jeter un coup d’œil, j'avoue que je ne sais vraiment pas ce que tu vas en penser, mais que ce qui me laisse le plus interrogatif c'est que même si ça te tente/plait c'est quand et comment y aller ensemble ? ^^ Bisou ma belle

ELLE : Je pense que dans un lieu comme celui-là, je vais juste tirer de gros yeux ronds et aller me cacher dans un coin ! Autant de monde réuni dans un même endroit (surtout aussi "orienté"), je vais juste paniquer !!! Est-ce qu'on ne pourrait pas commencer... plus doucement ?...
Et sinon, pour répondre à ta grande interrogation... Soit je trouve quelque chose, soit je demande directement si je peux y aller. Tout simplement (et puis c'est mon problème) :) 

Les lendemains

Séduire, se laisser séduire.

C'est une sensation, un sentiment, un moment, une idée, un jeu.
Je dis "un jeu" car je ne veux pas qu'il en soit autrement. 

C'est le jeu de la première fois, de la découverte d'un être inconnu autant que d'un soi inconnu. 
C'est la saveur de pouvoir recommencer à zéro, de se glisser dans une peau longtemps mise de côté au profit du durable et du constant. Avec l'envie d'y retourner, comme une faim qu'on arrive pas à apaiser.
Ce sont des mots nouveaux, un corps nouveau...
C'est comme une schizophrénie, qui ne concerne que moi, qui me pousse à agir alors que j'avais commencé à me laisser porter. 

On se redécouvre, on s'apprend à nouveau, tout en jouant toujours la prudence.
Mon esprit aime se perdre dans cette impression d'amour, et pourtant, je ne veux pas. Je lutte, férocement. Je veux être cruelle, je veux être indifférente, fixer des règles dures et égoïstes. Je serai une personne méchante, oui, et cela me protègera.


Je suis un fantôme, protégée des intempéries par un doux parapluie, mais qui se complaît à sortir de sous sa protection pour affronter la tempête, narguer les orages, rire à gorge déployée à la face du monde, un rire bruyant, qui fait mal à la gorge. Puis je reviens sous ce parapluie, les cheveux mouillés, le sourire aux lèvres et j'embrasse à pleine bouche, avide, je rafle tout ce que peux prendre.

Je vis de doutes et d'espoirs, tantôt d'excitation tantôt de résignation. Je ne veux pas penser aux lendemains, car ils ne sauraient me plaire. Cela ne durera pas, j'imagine. 


                       Mauricette Voisin 

5 milliards d'années que le Soleil brûle sans compter, sans jamais s'essouffler...


Aide à la compréhension : 

Le lendemain, elle est venue chez lui.
Gavé d'idéaux et de principes, sa décision était prise, il lui dirait gentiment que ce qu'elle fait ou propose n'est pas bien, que même s'il brûle d'un désir ardent pour elle, il lui parait plus raisonnable de ne pas donner suite.
Elle frappe à la porte, il ouvre (elle est si belle et si fraiche)
Ils s'assoient sur un coin du lit qui est aussi le seul canapé de ce si petit appartement.
Il lui explique ses idéaux, ses principes, elle l'écoute en le regardant de ses grands yeux.
Elle acquiesce, et baisse les yeux vers le sol, un air déçu...
"ET PUIS MERDE !! "  Dit-il tonitruant, en la poussant pour qu'elle s'allonge en l'embrassant avec fougue.
Ils font l'Amour comme s'ils se connaissaient depuis toujours.

Quelques jours passent...et tous les jours, ils se voient encore et encore en cachette de Ludovic.
Il décide d'ouvrir un Blog privé pour elle et lui, voici ce qu'il lui dit : 


"Voici 7 jours que notre Soleil s'est enflammé, gageons qu'il durera encore longtemps...

Depuis, j'ai redécouvert ce que pouvait être un regard d'envie,

J’ai redécouvert, la folie de la passion

Les baisers fougueux,

Il me suffit de fermer les yeux pour...et puis non, pas encore, il me faudrait encore te goûter, te toucher

Plonger mon nez dans tes cheveux, sentir ton coeur s'emballer pour parfaire la cartographie de ton corps.


Me voici devoir partir 10 jours pour ce job, c'est très long pour la passions, c'est très court pour arriver à réfléchir ...mais...avons nous envie de réfléchir ?

à quelle propos ? Je retiens mon souffle, je ne veux rien faire qui pourrait rompre cet équilibre, cet instant de grâce, cette fausse monotonie...

Je ne sais qu'une chose, mais je le sais avec autant de foi et de conviction que je puisse en avoir à mon âge... j'aime être avec toi.

Promis, j'arrête de réfléchir.

Si tu souhaites parler, ce blog est pour nous. Privé et restrictif

J'y mettrai mes photos, mes récits à ta destination, mes états d'âme, tu pourras y faire la même chose."




Mathieu Genevois










La première lettre


Introduction à cet échange fictif

Ils se sont rencontrés par la plus grande des coïncidences.

A Paris pour des raisons différentes, ils venaient pourtant du même endroit, la Nouvelle-Calédonie.
Elle n'était pas vraiment heureuse à Paris, trop froide, trop grande, cette ville, elle ne l'a subissait que parce que son chéri y avait un poste bien rémunéré qui lui permettait d'aider sa mère malade à Nouméa.
Lui, il n'y était que parce qu'il avait tenté de suivre sa chérie. Il était maintenant seul, au chômage, célibataire et sans réelles perspectives d'avenir construites.
Le hasard leur avait permis de se rencontrer dans cette immense ville, à la croisée des chemins.
Un petit déjeuné organisé par un ami commun.

Elle ne lui avait témoigné aucun gage d'intérêt pendant cette rencontre, hormis peut être s'être accrochée à son bras pour synchroniser leur marche pendant qu'ils discutaient.
Son homme,  qui marchait plus loin devant, semblait totalement détaché du phénomène qui était en train de se produire.

Le temps passa depuis cette rencontre, quelques semaines.

Elle l'appel :

 "Pourrais tu passer à l'appartement ?
Un problème d'informatique."

Le rendez vous est donné.

Elle est seule. Il règle rapidement ce problème d'informatique puis reste pour déguster avec elle le café qui lui est offert ainsi qu'une tarte à la fraise qu'il a apporté pour être poli.

Cette après-midi passe très vite, pour l'un et pour l'autre.
Au moment de partir, il se fige et hésite :

" Heu !  Je sais que je ne devrais pas le dire, et probablement que j'ai tort de le faire, mais voilà...
Je souhaiterai simplement que tu saches.. Dans une autre vie, un autre temps, au autre lieu...si tu n'étais pas en couple avec Ludovic...je...heu...souhaiterai que tu saches que tu me plais vraiment énormément..."

Il saute dans l’ascenseur, et disparait.
Dans la rue qui descend de chez elle et qui mène à la bouche de métro, il rougit, il songe qu'il n'aurait pas dû, qu'il est idiot de s'imaginer qu'il pourrait avoir le moindre effet sur quoi que ce soit, décidément il n'est vraiment pas bien ces derniers temps.

En arrivant chez lui, dans le 15 ème,
 il reçoit cette lettre par courriel : 



"Je l'aime plus que tout au monde. Je serais capable de tuer quelqu'un s'il me le demandait, je serais même capable de le laisser partir s'il le désirait. Seuls ma mort ou le bien être physique de mes proches peuvent constituer un frein à ce qu'il peut me demander. Ça devrait te laisser imaginer toute l'estime et l'admiration qu'il devrait t'inspirer pour susciter de tels sentiments chez une personne aussi égoïste et aussi attachée à sa survie que moi. 
Il renferme en lui une magie que je convoite et que j'exploiterai tant qu'il voudra bien me laisser le faire.
Si jamais mes actes devaient le mettre en danger, je mettrais fin à chacune de mes pulsions, à chaque petite parcelle de ma liberté, sans une once d'état d'âme. Et ce avant même qu'ils se produisent.

Je sais exactement ce que je ressens en ce moment. Sur ce point précisément, je souhaite que tu ne crois en aucun cas à mon apparente naïveté. Rien ne m'intéresse plus que l'attrait de la nouveauté, cette étincelle d'inconnu qui fait palpiter mon coeur plus vite, qui me fait attendre le lendemain avec impatience et appréhension. Une illusion. Un jeu. Une expérience éphémère qui dans ce cas-ci nécessite une limite que je me suis imposée, une ligne rouge qu'il est excitant de frôler, de caresser, sans jamais jamais jamais la dépasser. Je la connais. Et s'il te semble intéressant de t'en approcher pour voir où je l'ai mise (tu serais sans doute déçu), ce sera en sachant que ces moments volés au temps cesseront aussi brusquement qu'ils ont commencés. 

Sache que je ne ressentirai aucun remords sur ceci ou sur plus tard, aucune jalousie envers tes partenaires présentes ou futures, aucun regret, aucun manque, rien qui te fasse penser que je puisse t'aimer comme je l'aime, que je puisse te respecter comme je le respecte.

Je voudrais que tu te poses des questions et que tu pousses tes pensées à leurs plus hauts degrés de conscience pour te pencher sur chacun de mes mots et les comprendre. Alors seulement, dis moi ce que tu veux. Relis encore une fois, deux fois, mon message.

Demain, je saurai à tes réactions ce que je souhaite savoir et comment réagir. 

Je suis désolée d'écrire de telles choses, à défaut d'être capable de les dire à haute voix, et c'est sans doute risible à tes yeux étant donnée tes expériences passées. Mais c'est important pour moi. Et quoiqu'il se passe, je continuerai à te voir comme une personne avec qui rire et manger des tartes aux fraises."

Mauricette Voisin