J'aime passer du temps avec toi. Comme un ami, duquel je découvre chaque jour qu'il m'est cher. Nous passons de bons moments, discutons, et j'ai cette intimité qui m'est étrangère chez d'autres, ces personnes que l'on voit régulièrement mais à qui par pudeur et manque de confiance, on ne confie pas ses peines et ses réflexions.
Je ne sais pas si cela est dû à notre relation charnelle, mais quelque chose me dit qu'il n'en est rien, puisqu'avec un autre, cela ne m'aurait semblé que passager, avec la saveur d'un fruit que l'on goûte puis qu'on rejette sans conséquence.
Pourtant, au delà d'un second corps, j'ai trouvé aussi un ami sincère.
S'il devait ne subsister qu'une chose de nous, ce serait cette partie qui me serait la plus douloureuse de perdre, malgré l'intensité de nos étreintes.
Dans quelques temps, tu trouveras une personne à choyer et à adorer, je ne sais pas si je l'aimerais ou la détesterais, mais c'est à cette personne que s'adresseront les doux mots que tu m'as dits. Pour l'instant, je les accepte et les écoute avec bienveillance, car il n'y a pas de plus violent et bon sentiment que celui d'aimer. Ils me font peur car je crains qu'ils ne t'enferment dans une relation que je ne souhaite pas voir fleurir.
Non pas que je ne t'aime pas, doux Mathieu, et que le risque de t'aimer en retour ne soit pas présent. Ne doute pas de ton charme ni des qualités qui m'ont attirées vers toi, car je les vois et 7 ans plus tôt, sans doute, les choses auraient été différentes. Mais j'ai trouvé en Ludovic celui qu'on cherche tous, celui que l'on choisit et dont on dit dans son coeur que c'est pour lui que tous les efforts se valent. Et bien qu'ayant pour toi une affection certaine, doux Mathieu que je ne peux faire mien, je serais triste de voir mourir une relation dans laquelle j'ai tant investi et que j'espère voir durer encore longtemps.
J'étais si fâchée, parce que je sens en toi une insistance régulière, des questions qui cachent l'espoir d'obtenir plus de moi. Devoir te dire non à chaque fois, ou taire un tendre "moi aussi", me blesse plus que tu ne peux l'imaginer. Je ne suis pas amoureuse, mais mon affection n'est pas absente, et c'est pour toi que je souffre. J'aimerais continuer ainsi, même si nous devions évoluer, mais si le prix à payer pour te détacher de moi était de ne plus jamais te toucher, alors ce serait sans remords. Je te le dirai, encore, jusqu'à ce qu'en ton coeur tu l'acceptes.
Je comprend enfin avec humilité ne pas être la source unique de tes marasmes sentimentaux, une autre avant moi ayant déjà contribué à te faire tant de peine. Je ne suis pas encore certaine de faire les bons choix en persistant à te chérir sans t'offrir de possibilités d'avenir. Que devrais-je alors faire ?
Être cruelle, te blesser pour te faire fuir, feindre l'indifférence pour mieux te faire me détester ? Je perdrais aussi mon ami. T'expliquer, te laisser partir, t'interdire tout contact de nos corps ? Resterais-tu quand même ?
Je te disais être au fait de mes propres sentiments. Mais je n'ai aucune visibilité sur les tiens, vois-tu ? Que dois-je faire ? Je souhaiterais de tout mon coeur que tu sois capable de t'y pencher de manière objective. Peut-être cela pourrait-il nous aider ?
Mauricette Voisin
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