Séduire, se laisser séduire.
C'est une sensation, un sentiment, un moment, une idée, un jeu.
Je dis "un jeu" car je ne veux pas qu'il en soit autrement.
C'est le jeu de la première fois, de la découverte d'un être inconnu autant que d'un soi inconnu.
C'est la saveur de pouvoir recommencer à zéro, de se glisser dans une peau longtemps mise de côté au profit du durable et du constant. Avec l'envie d'y retourner, comme une faim qu'on arrive pas à apaiser.
Ce sont des mots nouveaux, un corps nouveau...
C'est comme une schizophrénie, qui ne concerne que moi, qui me pousse à agir alors que j'avais commencé à me laisser porter.
On se redécouvre, on s'apprend à nouveau, tout en jouant toujours la prudence.
Mon esprit aime se perdre dans cette impression d'amour, et pourtant, je ne veux pas. Je lutte, férocement. Je veux être cruelle, je veux être indifférente, fixer des règles dures et égoïstes. Je serai une personne méchante, oui, et cela me protègera.
Je suis un fantôme, protégée des intempéries par un doux parapluie, mais qui se complaît à sortir de sous sa protection pour affronter la tempête, narguer les orages, rire à gorge déployée à la face du monde, un rire bruyant, qui fait mal à la gorge. Puis je reviens sous ce parapluie, les cheveux mouillés, le sourire aux lèvres et j'embrasse à pleine bouche, avide, je rafle tout ce que peux prendre.
Je vis de doutes et d'espoirs, tantôt d'excitation tantôt de résignation. Je ne veux pas penser aux lendemains, car ils ne sauraient me plaire. Cela ne durera pas, j'imagine.
Mauricette Voisin
Mauricette Voisin
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